A Man Larger Than Life: Olivier de Kersauson
Olivier de Kersauson (b. 20 July 1944) is a French sailor and sailing champion.
Kersauson was the seventh child in a family of eight. While he was the only Kersauson not to have been born in Brittany, he was born on 20 July 1944 and brought up near Morlaix in a “provincial Catholic aristocracy with compulsory mass” as he calls it. Very early on, Olivier de Kersauson was to break away from his family. Without being inattentive, he was a pupil who did not settle in well to school life with the priests at boarding school. He passed through eleven schools altogether. After his final school exams and getting up to a lot of things, always on the coast, he began studying economics.
At the age of twenty-two, he met Eric Tabarly in Saint Malo. Shortly after, Eric invited him to do his military service on board. This opportunity stretched into eight years during which he was Tabarly’s mate.
Together, they put on their boots and waterproofs, swallowing up the miles aboard the Pen Duicks. Very quickly, Olivier de Kersauson developed a passion for multihulls in which he became a pioneer. He was, in particular, the first to build a multihull of composite material, Ribourel, then a trimaran with long floaters, Poulain, at the helm of which he set in 1989-1990 the single-handed round the world speed record.
From 1992 onwards, he spent his time working towards the Jules Verne Trophy, the round the world crew record. Wearing the livery of Lyonnaise des Eaux – Dumez, in 1994, he raced around the world against Peter Blake. At the helm of his catamaran Enza, the New Zealander and his six-member crew managed to go around the world in 74 days and 22 hours, while the five Frenchmen took 77 days and five hours. Remaining determined, he made some improvements to his boat and wearing the livery of Sport Elec, took off again around the world. On 8 March 1997, Olivier de Kersauson and his six-man crew left Brest. They were to return triumphant 71 days, 14 hours, 22 minutes and 8 seconds later, improving by more than a week on Peyron’s first time. In 2001, he named his giant trimaran Geronimo, “because Geronimo never gave up.” It was at the helm of this boat that Olivier de Kersauson took the Jules Verne Trophy for the second time in 2004 (63 days, 13 hours, 59 minutes).
In January 2003, Kersauson claimed that his boat was attacked by a giant squid.
Source: Wikipedia®
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Qui est vraiment Olivier de Kersauson ?
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Par Ronan Le Flécher, mardi 6 novembre 2007

Il figure parmi les Bretons préférés des Français. Son humour, sa grande gueule et sa culture en font la coqueluche des médias où il campe un personnage bougon et misogyne. « J’ai la chance de pouvoir faire le con en bateau », sourit Kersau. Pourtant, le phénomène Kersauson dépasse de loin le cadre de la voile. Alors, est-il un marin à l’épais palmarès, un homme au franc parler ou un bouffon du roi ? À vous de vous faire une idée.
« Les médias, c’est un chemin un peu humiliant à faire pour garder son armement et continuer à naviguer », concède ce pilier des Grosses Têtes sur RTL. Légendaire est son incapacité à se soumettre aux règles. Ce septième d’une famille de huit enfants s’est fait renvoyer de tous les lycées religieux qu’il a fréquentés. Olivier de Kersauson a traversé la vie et écumé tous les plans d’eau du monde. Les océans, c’est là qu’il respire : « Si on m’enlève la mer, il ne me reste plus rien. » Son premier souvenir d’eau salée ? À 3 ans, en baie de Morlaix. Alors, à 64 ans, on pourrait le croire blasé. Erreur. Tenaillé par les virées au large, l’homme aux yeux bleus enfile les records comme les perles d’un collier de Polynésie devenue avec Brest l’un de ses ports d’attache entre deux courses. Transpac, Sydney/Tahiti, tour de l’Australie, Yokohama/Hong Kong et traversée du Pacifique dans les deux sens figurent à son tableau de chasse entre 2005 et 2006. Il bât au passage le record Los Angeles-Honolulu qu’il a détenu 30 ans auparavant sur Pen-Duick avec le trimaran barré par Éric Tabarly.
Incomparable aura
En Bretagne, seuls le sport et musique produisent des figures populaires aussi fortes que Kersauson ou Tabarly. Pendant huit ans, Kersau sera le lieutenant du marin taciturne qui loue « sa force digne d’Hercule, son engagement et son humour ». Sa voix trahit l’admiration pour « un homme bon, un skipper magnifique » qu’il quitte en 1974 pour se lancer dans une carrière en solo sur Kriter. Il entreprend, en 1988, un tour du monde en solitaire qu’avant lui, seuls Alain Colas et Philippe Monnet avaient osé tenter sur multicoque. 125 jours sans voir la terre. En 1997, il remporte le Trophée Jules Vernes, référence absolue en navigation, en bouclant le tour du monde en moins de 80 jours. Le Tour du monde, c’est le nom du restaurant qu’il possède sur le port de commerce de Brest. Même Renaud a immortalisé le nom de ce navigateur d’exception : « Tabarly, Pageot, Kersauson ou Riguidel naviguent pas sur des cageots, ni sur des poubelles. » C’est vrai. Et il est même superbe, ce fameux Geronimo. Avec son géant des mers de 34 mètres de long sur 25 mètres de large, doté d’un gréement culminant à plus de 40 mètres, Olivier de Kersauzon confirme son goût pour les nouvelles technologies appliquées à la voile. Dans le genre « je ne fais rien comme tout le monde », il abandonne la course en solitaire pour chasser d’autres records en équipage.
Et vogue la Bretagne
Allusion à son autoritarisme sur les bateaux, il se dépeint comme « un dictateur éclairé » et tente de nous convaincre : « Mais si, j’ai un assez bon caractère. » L’an passé, le magazine armor a capté une autre vérité que celle de l’image médiatique d’Olivier de Kersauson. Comme d’habitude, ODK parle vrai. Et cela fait mal. Plus profondément, cette interview sans paillettes interroge son rapport à l’identité bretonne. Le commun des Bretons ignore tout de ses investissements dans les voiliers aux équipages en passant par les chantiers navals. « Ceux qui ont ramené autant d’argent que moi en Bretagne peuvent l’ouvrir, tonne-t-il avant jusqu’à plagier J.-F.Kennedy. Ne vous demandez pas ce que la Bretagne peut vous faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour elle. » François Cuillandre, maire de la Cité du Ponant, a trouvé en Olivier de Kersauson un parrain idéal pour la fête maritime internationale Brest 2008 : « Personne mieux qu’Olivier de Kersauson, par sa fidélité à notre ville et la part de rêve que suscite un tel événement, ne pouvait incarner cette nouvelle édition. » Pour l’heure, notre marin met le cap sur la Patagonie pour le tournage d’un documentaire pour Empreintes sur France 5. De nouvelles aventures toujours aussi iodées. « Dès que le vent soufflera, je repartira. Dès que les vents tourneront, nous nous en allerons. »Copyright : RONAN LE FLÉCHER
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Toutes mes émotions sont liées à la mer et mes chagrins aussi.
Portrait à la mer.
En cette Bretagne dure et mystique, habituée au malheur, Olivier de Kersauson a vu des larmes glisser sur les joues parcheminées des femmes en noir qui chaque jour d’hiver venaient attendre des bateaux qui ne reviendraient plus. Il a entendu leurs imprécations rauques adressées à la mer, vu des croix nouvelles se dresser dans les cimetières marins sur des tombes symboliques. Près de la baie des Trépassés, on disait d’un homme qu’il était crevé s’il avait rendu l’âme dans son lit, on disait qu’il était mort si la mer l’avait emporté.
Depuis sa tendre enfance, il aime apporter la contradiction, manifester sa singularité; rentrer dans le rang n’est pas son genre. Cela ressemble à un simulacre, mais c’est de sa part une manière quasi naturelle de s’affirmer. Originaire de milieux conservateurs, très tôt, il se trouve en rupture avec la notion de famille : ” Je trouvais ce monde ennuyeux, suffisant… sans intérêt. Je n’adhérais pas aux moeurs ni aux coutumes. Je ne souhaitais pas vivre dans ce milieu écrasé de conventions et qui en perdait son talent. ” « Dans ma petite enfance, mes parents voulaient faire de moi un pot de fleurs. Je n’ai jamais tenu en place, je me levais la nuit en pyjama et je regardais la mer. Ma mère venait me chercher: “Olivier, il faut rentrer maintenant.” » Dans les différents collèges religieux qu’il fréquente (11 au total dont un pendant 10 jours), le silence, le rêve et la lecture sont une armure qui exaspère les bons pères. ” Les propositions intellectuelles, morales et sociales ne servaient pas l’intérêt que j’accordais à la vie. J’ai été renvoyé de nombreux collèges sans avoir jamais chahuté. J’étais simplement d’une indifférence totale et ils ne pouvaient le supporter. En désaccord avec l’entourage, on subit d’abord une grande solitude puis on se retrouve dans l’obligation de s’évader par le rêve. J’ai rapidement pris conscience du monde maritime. Il m’a fasciné depuis l’enfance.” Après le Bac, Odk s’engage dans des études supérieures : “ J’ai fait de l’économie en fac, le prof avait des chaussures en crêpe et un costume pas frais, je me suis dit que c’était une arnaque totale; s’il avait compris l’économie, il ne serait pas là … ” ” J’ai décidé que c’était à moi de choisir ma vie, Ce fut le signal de la « grande dételée » qui dure depuis. J’allais pouvoir faire ce que je voulais ; personne ne me prendrait mon temps. On m’avait pris mon temps pendant dix-huit ans dans des collèges épouvantables dirigés par des maîtres stupides. Le temps allait m’appartenir. J’étais un goinfre, curieux, déchaîné, avec une envie : courir le monde. ” ” Je décide de prendre des vacances actives. À vie. Plus personne n’allait m’obliger à faire ce que je ne voulais pas faire. Jamais je ne rentrerai dans aucun système. Quel qu’en soit le prix. ” ” Pourquoi l’envie de fuite est si forte quand on a 20 ans ? |
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Olivier voue une admiration sans limite au navigateur Polynésien Francis Cowan : ” Avec Francis Cowan, on s’est connu en 1957 et il avait une grande connaissance du monde maritime Polynésien. C’est quelqu’un qui avait une réflexion basée sur du réel. Très souvent les réflexions dans ce milieu sont basées sur la lecture et non par le fait de naviguer. Francis avait le don de l’intelligence appliquée. Sa vie est une histoire maritime formidable parce qu’il y a des gens qui réfléchissent et d’autres qui agissent. C’est rare qu’il y ait les deux en même temps. “
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A bord, Kersauson est du genre “carré”, sinon ombrageux. Un marin formé sur le tas, à qui Éric Tabarly à dit un jour (par exemple) dans le Pacifique: “un spi, il faut qu’il soit comme il faut qu’il soit.” Point. A lui de comprendre ce que cela voulait dire.
“ Éric fut dans son métier de marin un visionnaire réaliste le premier à construire un trimaran de couse, et un immense serviteur du large qui haïssait l’impudeur des émotions. L’homme raisonnable renonce souvent face à la cause qu’il sent perdue. Lui jamais. J’ai été son équipier puis son second pendant huit ans sur tous les océans quand les projets paraissaient insensés et les buts chimériques. Il déteste les conversations oiseuses durant les veilles, qui relâchent l’attention : le barreur a ordre de ne pas parler, de ne pas fumer, de ne pas goûter au café. ” Un homme ne peut pas bien faire deux choses à la fois ” La sécurité est une préoccupation constante ” La moindre distraction sur un bateau peut aboutir à une catastrophe ” à tel point qu’il interdit à ses hommes de porter des gants : “ Supposez que lors d’une manoeuvre vous en perdiez un, la main subitement exposée au froid s’engourdit et devient inutilisable. Hors sur un navire, il faut avoir ses deux mains valides : l’une pour l’homme, l’autre pour le bateau” …/… ” Je suis un maniaque de l’ordre, je ne supporte pas que l’on bâcle. Cela peut-être dangereux ! ” …/… ” En 40 ans de navigation, j’ai vu disparaître trop de copains, ne pas être conscient de la sécurité des hommes quand on navigue est presque indécent. La mer doit rester un plaisir, pas un engin de mort. En mer, le courage et la bravoure, c’est de s’attacher pour que la mer n’ait pas le goût des larmes, comme le dit si bien la SNSM. » Olivier de Kersauson a le goût de l’excellence, de l’effort, refuse de se laisser étourdir par les propositions médiocres de la vie. Il a appris à se plier à la discipline de la mer. : ” Le chemin de l’excellence, c’est la discipline. J’aime les gens qui ont le goût de l’excellence : puisqu’il faut faire, faisons avec passion. Il n’y a pas d’intelligence sans courage. ”” Qu’est-ce qu’un patron en mer ? C’est celui qui est capable de ramener son équipage, de porter toutes les responsabilités et d’accepter de ne pas recueillir les fruits du succès. ” |
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Pour Olivier de Kersauson, la faute incombe toujours à l’homme : ” Dans le monde de la mer, une erreur se paye automatiquement, et l’on connaît le responsable. ” Il fait le détail de la procédure de l’homme à la mer à sa manière : ” Bon, le mec est à l’eau. Primo, il faut lui balancer un bout, de préférence pas sur la gueule. Secundo, dès qu’il l’a empoigné, il faut l’amener doucement près du bord. Tertio, il faut lui demander – Où est ton pognon ? Quarto, dès qu’il a craché la planque, il faut relâcher le bout : ce serait inhumain de le laisser sans rien à la mer. Quinto, il faut prendre le nom du gars et le porter sur le cahier des punitions. ”
OdK explique l’utilisation des radeaux pneumatiques ainsi : “ Quand vous êtes dedans, c’est la bonne vie. Vous avez tout pour survivre : une Bible, un pot de rillettes, une photo dédicacée de Moitessier bébé, un plan de Pigalle et une cassette qui répète : tenez bon, tenez bon … ” A ceux qui lui disent “je pense que …” il répond ” Vous n’êtes pas ici pour penser. ” Dans l’action, sur le pont, il bouscule ses équipiers qui n’agissent pas suffisamment vite, les remplace, se bat comme un forcené tel un bison qui charge, ne lâche pas prise, abattant une besogne démoniaque; il possède le même courage sauvage que celui de ces patrons impitoyables qui commandaient les grands voiliers du passé. A bord il n’y a qu’un maître : lui. Un jour, peut-être le seul de sa carrière, il a proposé un choix à son équipage : ” Vous allez voter, soit la première solution, soit la deuxième. Réfléchissez, mais vite. Je veux le résultat du scrutin dans cinq minutes. Profitez-en, ce sera l’unique fois où vous voterez durant le joli voyage. … Ah ! j’ai oublié une précision : ce n’est pas certain que je tiendrai compte de ce vote ! ” (ce qu’il avait d’ailleurs fait) Un équipier qui écoutait une cassette de Vivaldi sur un magnétophone se souvient encore de l’intervention du patron : “ Je ne veux plus entendre ce mec-là, ni Beethoven, ni Mozart, ni Stivell, balancez moi tout ça à la mer. Je n’ai pas travaillé toute ma vie pour avoir un bateau transformé en maison de la culture ou en caravane, et l’Océan n’est pas un terrain de camping ! ” ” Tire-toi du pont. T’es pas assez gros pour que te casse la gueule. Et t’es trop con pour faire un mutin ” a dit OdK à Alain Labbé sur Kriter II qui avait désobéi et tenté de frapper le skipper. Il se justifie ainsi : “ Sur un bateau, seule une dictature éclairée donne des résultats positifs. Si tu ne comprends pas que la course est un sprint de plus de deux mois, si tu ne comprends pas qu’en course, seule la course compte, alors ça prouve que tu n’as rien à faire à bord. ” … ” La sagesse est l’antichambre de l’impuissance. “Mais il sait apprécier la vraie amitié manifestée au large par un équipage heureux, la satisfaction d’une manoeuvre difficile et judicieusement orchestrée : ” Je pense aux hommes qui m’ont accompagné et qui ont servi la mer et le bateaux avec abnégation, intelligence, amour du métier et professionnalisme. Notamment Yves Pouillaude et Didier Ragot, fidèles et droits. De grand marins. ” Olivier de Kersauson n’est pas prêt d’accepter une femme à bord mais il sait reconnaître les qualités des (quelques) meilleures d’entre elles : ” Il n’y a jamais de femmes sur mes bateaux, c’est un rapport de masse musculaire: 15 femmes font le poids de 11 hommes. J’aime bien les bonnes femmes, beaucoup plus que vous ne l’imaginez sans doute. Je ne veux pas rajouter la pulsion sexuelle en plus de tous les soucis qu’on a à bord. J’aurais beaucoup de mal à naviguer avec une bonne femme sous les yeux. ““ Il y a quelques femmes qui sont des marins exceptionnels: Florence Arthaud a du vrai génie maritime, il n’y a pas beaucoup de mecs capables de faire ce qu’elle a fait. Karine Fauconnier dans la nouvelle génération a quelque chose d’extraordinaire. ” |
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Après son échec dans l’Oryx Quest en 2005, Olivier raconte : … ” On rentre à Sydney, nous jetons l’éponge. Je suis sur le quai, mon fils est là, je sais que nous devons rentrer à Paris car sa mère va mourir. Mon monde professionnel explose, je vois aussi le monde de mon fils qui explose. C’est un bombardement. Je rentre en Europe pour suivre le cercueil de Caroline, la mère d’Arthur.
Une semaine après l’enterrement, je reviens à Sydney pour « terminer ce qu’on a échoué » … Grosse fatigue ! Didier qui a pris la direction des réparations, et l’équipage me disent : « Casse-toi, va prendre l’air, casse-toi en Polynésie. » ( …) Je vais à Moorea chez un copain polynésien et je vais acheter des clopes au tabac du coin. La fille qui vend des cigarettes me dit qu’elle a un bouquin sur lequel figure une photo de moi. Je regarde. Je suis dans la baie de Cook en 1969 avec Tabarly, Moitessier, Colas. Tabarly, Moitessier et Colas sont morts. Je réalise que le temps a passé. C’est un signal qui arrive. Je suis le seul survivant. Je me dis que je ne vais pas mourir sans avoir vécu en Polynésie… ça devient une évidence, une décision. Je vais dès lors passer tu temps sur la mer ici, beaucoup de temps. Je sais que je vais habiter ici. ” (ndlr : en 2008, Olivier de Kersauson est locataire d’une maison située en bordure de mer, dans la baie de Cook) |
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Pourquoi la mer ? : ” Prendre la mer, c’est tout sauf une fuite, c’est au contraire une discipline et une contrainte. Décider d’aller chevaucher les vagues, c’est une conquête et, pour conquérir, il faut partir. C’est l’extraordinaire tentation de l’immensité. La mer, c’est le cœur du monde. Vouloir visiter les océans, c’est aller se frotter aux couleurs de l’absolu. Il m’a toujours semblé indécent de ne pas aller voir partout dans le monde. Il me fallait partir sur tous les océans, découvrir tous les ports… Pour moi, c’est vital : puisqu’on est dans le monde, il faut le courir. “
Il sait faire partager son amour de la mer : ” Regarder la mer, c’est se balader dans le temps, elle n’est jamais monotone. Quand je monte sur le pont, j’ai la sensation d’être un berger qui va surveiller son troupeau de vagues. ” En mer, tout est différent, le reste du monde disparaît, la notion de temps est déformée, ” En mer, la solitude est la compagne la plus sûre du navigateur. Elle chasse les chimères, fait tomber les illusions et, amplifiant tout avec une impitoyable acuité, elle vous entraîne dans un voyage au bout de soi souvent des plus révélateurs. Quand on passe un mois en mer, on ne se rend compte qu’on était parti que lorsque l’on revient “.Il sait rester humble devant cette nature à la fois généreuse et cruelle : ” La mer m’a bien rendu l’amour que je lui ai donné. Je suis heureux dans ce monde maritime qui me passionne, il est jouissif. ” La mer est sa vie :” J’ai toujours été prêt à mourir pour la voile. D’autres se contentent d’en vivre. “- ” Dès que je suis loin de la mer, la vie ne m’intéresse plus, j’ai l’impression que je suis stupide, comme un type qui fait la queue à la caisse d’un supermarché avec un cabas vide. ” – ” Si on m’enlevait la mer, il ne reste plus rien. ” … ” La fin du voyage en mer, c’est la fin de la fête. Ce n’est pas parce que je vais retrouver « des gens que j’aime » – car tout ceci n’est que des contes pour les journaux – que je n’abandonne pas avec amertume une conquête tant désirée. C’est terrible de quitter ce rythme de la mer, ce monde de force brute tant aimé et redouté mais qu’on ne se résout pas à abandonner. C’est une sorte de dissolution de la beauté. Tout à coup, on souffle la grande flamme qui brûlait en nous depuis deux mois et demi de mer. Puis on éteint la petite veilleuse de la douceur en sortant du bateau. On ferme derrière soi la porte du souvenir dans le sinistre grincement des huisseries. C’est pour toutes ces raisons que je n’ai pas de souvenirs mais juste des impressions. ” |
Ses amis parlent de lui …
«La meilleure chose qui puisse arriver à un record c’est que l’on se rende compte qu’il peut être battu. Ce qui a le mieux servi le Trophée Jules Verne c’est d’avoir un marin aussi tenace qu’Olivier»
Florence Arthaud, co-fondatrice du Trophée Jules Verne, vainqueur Route du Rhum 1990 :
«Olivier a repris le flambeau des grands marins. Quand je le vois partir en campagne et sillonner les mers, il me fait penser à un pirate. Oui, il est le dernier des Mohicans, l’ultime guerrier, et nous ne sommes plus très nombreux dans cette tribu : la mer est cruelle et elle nous a enlevé plusieurs copains. On devient une denrée rare.» « Quel que soit le résultat, Olivier aura réalisé un tour du monde magnifique et fait preuve d’une gestion du patrimoine technique et humain formidable »
Titouan Lamazou , co-fondateur du Trophée Jules Verne, vainqueur du premier Vendée Globe :
«Olivier vieillit bien. Nos relations ont été souvent orageuses, il m’a fait chier, mais je le lui ai bien rendu. C’est le dernier des Mohicans, le dernier rempart contre la voile politiquement correcte. Il devient presque tabarlyesque.»
«Olivier n’est pas un homme facile, en devenant de ses amis, on sait qu’on entre dans une confrérie dont les membres se comptent sur les doigts d’une seule main et puis il a un cœur gros comme son bateau. Devant un micro, cet amateur dame le pion à tous les professionnels, il est capable d’improviser brillement sur tous les sujets, et même en alexandrins …, pour peu qu’on ajoute un zéro à son chèque. C’est l’homme le plus pudique que j’ai jamais rencontré, il y a maintenant 25 ans que je le fréquente et je n’ai jamais vu son porte monnaie.»
Bruno Peyron, skipper, détenteur du Trophée Jules Verne :
«Oui, bien sûr, ils vont arriver à battre le record. C’est ce que je leur souhaite. Tout cela donne de la vie et de l’intérêt à ce Trophée Jules Verne. Je crois qu’en douze tentatives, huit ont échoué : ça prouve que ce n’est pas si facile que ça. Enfin, si Kersauson et ses équipiers tombent le record, ça me donnera une bonne occasion d’y retourner».
Marie Tabarly, marraine de Geronimo :
«Si Olivier décroche le Jules-Verne, il a intérêt à m’embarquer et à en faire tomber d’autres records !»
Patrick Poivre d’Arvor, journaliste, écrivain :
« Je suis certain qu’il repartira à l’assaut du record. »
Gérard d’Aboville, records de l’Atlantique et Pacifique à la rame :
«Olivier a tellement de talent à terre qu’il pourrait se contenter d’en vivre. Mais il préfère se concentrer sur le monde vrai, sur la bagarre avec la nature, le Défi aux éléments. Il n’a jamais fait semblant d’aimer la mer…»
«Il faut toujours regarder les yeux des marins qui reviennent au port, capter cet instant d’éternité. A l’arrivée on voit tout ce que le marin a enduré. Ensuite, le regard des autres modifie le sien, un effet miroir s’installe.»
Eric Loiseau, équipier sur Pen-Duick VI en 1974 :
«Kersauson, c’est un grand homme de théâtre qui tirerait sur le capitaine Crochet. J’ai révisé mon jugement quand il a accompli ce tour du monde en solitaire sur l’ancien trimaran Poulain, en 1988. Là, il m’a épaté.»
Mickaël Le Berre, chef de quart à bord de Pen-Duick VI :
«Il ne faut pas être en position de faiblesse face à lui» … «Olivier peut assassiner d’un mot. Reste que c’est un prodigieux marin et un vieux camarade. Il passe parfois pour odieux, mais c’est une protection contre la timidité.»
Thomas Coville, équipier en 1997 :
«Je m’étais pris le bec avec lui au sujet des poubelles du bord. Il m’a donné du “petit fumier” pendant soixante-dix jours, mais je n’ai pas cédé sur les poubelles, si bien que j’ai dû dormir avec jusqu’à Brest.»
Didier Ragot, son second depuis vingt ans :
«Olivier, c’est de l’or dans du goudron. Il faut se mettre du coaltar partout avant de toucher la carapace…»
Yves Pouillaude, maître d’équipage :
«Jusqu’il y a deux ans, on n’avait pas un rond!, On était au Conquet, dans sa maison et je dis: “Putain, Olivier, faut qu’on bouge no’t cul! On est des marins, pas des jardiniers!”»
Mickael Le Berre :
«Il s’est toujours méfié de la presse. C’est aussi un grand manoeuvrier.»
Jean Glavany, ancien ministre :
«Je le connais depuis près de vingt ans, il est de plus en plus souple. Avant, les gars prenaient des coups de manivelle de winch!» … «On assume nos différences. Olivier me cherche toujours un peu» …«T’es rien qu’un vieux facho, une espèce de cul-bénit de Breton!» … «Olivier de Kersauson est un vrai professionnel qui connaît son bateau par cœur.»
Laurent Gerra, Je l’aime beaucoup parce que c’est un malfaisant intelligent et en général j’aime les gens qui sont libres, y compris de pensée. Un jour que j’écrivais un sketch, j’ai dit à Olivier: ‘ Qu’est-ce que je pourrais dire spontanément sur Ségolène Royal ? ‘, et il m’a répondu: « c’est Jeanne d’Arc, version La Redoute »
Peggy Bouchet, traversée de l’Atlantique à la rame :
«Olivier, dans l’esprit des aventuriers, a toujours eu beaucoup d’audace et n’a jamais renoncé. Qui plus est sur le plus beau des géants des mers, un bateau extrêmement évolutif qui n’a pas été choisi sur catalogue !»
Raphaël Mezrahi, humoriste :
«J’aime les vraies natures. Olivier de Kersauson est une des premières vraies natures que j’ai rencontrées. J’ai la passion des hommes, des marins. Sans flatterie, ils ont bonté, intelligence, générosité. Ces gens-là donnent l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. C’est tellement rare aujourd’hui de rencontrer des “vrais gens”. Je suis flatté d’être copain avec des marins. Ils me touchent. Il en ont rien à f… des complaisances. Olivier joue en Champion’s Leage, pas en 2e division.»
Erik Orsenna, académicien :
«Je me souviens du jour où Olivier de Kersauson m’a dit qu’il pouvait concrétiser son rêve, “le rêve de tout marin” disait-il. Cela me réjouissait car cet homme est à la fois un rêveur et un actif, un rêveur de grand rêve, pas un rêveur de petit rêve et moins encore un barreur de petit temps. Quand on voit des tempêtes à terre, on n’a pas de peine à imaginer son univers. Je ris quand j’entends des gens dire : “Ah, le vent ça souffle”. Et bien oui, le vente ça souffle …»
Patrick Maurel, ancien préparateur de Florence Arthaud :
«Olivier de Kersauson est un grand capitaine de bateau, un homme de projet qui mène ses histoires au bout. Il est 100 fois capable de battre le record du tour du monde»
Alain Labbé, équipier de Kriter II :
«Je tire mon chapeau à Olivier : sa passion reste entière»
Pierre Schoendoerffer, cinéastre et écrivain :
«C’est extraordinaire ! J’aime cette double face de Kersauson, joyeux luron et grand marin. Il faut voir son regard quand il rentre d’un tour du monde, comme il le fit déjà en solitaire : un seigneur ! Je parie sur lui et je souhaite qu’il gagne. Je jure de faire la fête… Cet homme là est un conteur, nous transporte dans les mondes les plus étonnants ; on pourrait imaginer des univers qui lui ressemblent en puisant dans les livres Jack London, Stevenson et Conrad. Ports are no good… : seul la mer est belle …»
François Marchaland, marin-pêcheur, sauveteur en mer bénévole :
«Kersauson, c’est un Breton, un bon navigateur. C’est un Monsieur. Il va gagner avec un bateau pareil, vous allez voir… Il faut prendre conscience du courage de tout l’équipage. Ce sont des marins exemplaires qui savent se débrouiller dans tous les cas de figure. Ils ont du mérite. Pour rien au monde, je ne pourrais aller là où ils se trouvent, dans le grand Sud. Qu’ils soient prudents !»
Joseph Hardouin, commandant de bord à la Brittany Ferries :
«J’ai rencontré Olivier de Kersauson en 1984 à Saint-Malo lors d’un tournage pour la télévision. Il avait en privé évoqué son projet de tour du monde en solitaire. Je lui avait dit : “tu es givré !”. Pour autant, je n’étais pas inquiet, car cet homme a une vraie vision maritime. Nous avons le même type de responsabilité, mais à une autre échelle. Il représente une vraie bouffée d’air dans le milieu.»
Jean-Pierre Rives, ancien capitaine de l’équipe de France de rugby :
«Olivier de Kersauson est l’un des derniers héros. Avant, on mettait les héros dans l’arêne… L’équipage de Geronimo vit une aventure extraordinaire, magnifique, un truc de mec … Olivier, il a un beau bateau, mais s’il avait une coquille de noix, à essayer d’attraper une étoile ou la lune, et bien on serait là, car c’est une histoire qui nous intéresse, tous ces gens qui vont plus loin et un peu plus longtemps que les autres.»
Chay Blyth, ancien Marine britannique, premier tour du monde contre vents et courants sans escale en 292 jours en 1971 :
«D’abord il y a eu Chichester, puis Tabarly et moi, nous sommes arrivés. A présent nous sommes de vieux messieurs. A l’époque, nous étions des pionniers, des héros. Aujourd’hui, Kersauson pourrait, à son tour, passer la main, mais il continue, je trouve que c’est fantastique.»
Didier Piron, journaliste à L’Équipe, responsable des vacations du Vendée Globe Challenge :
«On ne peut pas faire des vacations radio sur un tour du monde sans avoir une très grande complicité et un profond respect des grands navigateurs. La fidélité en amitié est l’une des principales qualités d’Olivier de Kersauson … Il fait son boulot de marin. Il peut m’appeler à deux heures du matin… Je suis très fier d’avoir ce contact privilégié avec un grand marin. Il nous raconte de belles histoires, c’est poignant, c’est dur …»
Paco Rabanne, couturier :
«Olivier de Kersauson est sûr de lui. Il est comme les Bretons : fait en granit. Il regarde, il observe. Cette vieille terre de légendes hallucinantes a une puissance collossale. Le granit, c’est le feu. Cette puissance oblige les gens à se dépasser, à aller au plus loin de ses limites, comme justement sur un tour du monde.»
Alain Astié, médecin biologiste du sport, membre du comité directeur du Stade Toulousain :l
«J’aime cette humilité qui se dégage des sportifs. Olivier de Kersauson est un guerrier au sens noble du terme. Homme libre et persévérant, il lutte pour ce en quoi il a toujours cru. Il est obstiné, immergé dans ses passions. Le projet qu’il mène à bien est un projet d’équipe. A travers sa propre histoire, il se démène pour faire partager son amour pour la mer et les défis. Les grandes aventures ont toujours valeur d’exemple.»
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Olivier de Kersauson -Audio file - (in French)
(Entretien avec Jacques CHANCEL – 57′16”).
Radioscopie – 17/12/1976
September 18th, 2009Topic: 1. History, 1. Live, 2. Love, 3. Learn, 4. Leave a Legacy, 5. Earth Citizen Giants, 7. Heart-EQ-Guardian, 8. Soul-SQ-Idealist, A. NEST-UNIVERSE, B. SPACE SHIP-EARTH, Wealth, a. Time, b. Space Tags: Boarding school, Brittany, Embassies and Consulates, France, French language, French people, Geronimo, Government, Jules Verne Trophy, Peter Blake, Saint-Malo




















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